Je reçois en consultation ce lundi à midi Mme M et ses deux enfants, Tali âgée de 8 mois et Elie, âgé de 23 mois.
En s’asseyant face à moi, Mme M me dit :
« Bonjour Docteur je suis épuisée, cela fait deux nuit que je n’ai pas dormi à cause des deux loustics et en plus moi aussi je suis malade. Mais bon moi c’est moins grave »
« Qu’est ce qui se passe ? On commence par le plus grand comme ça il pourra jouer après quand je verrai sa sœur »
« Alors pour Elie ça a commencé samedi soir. Il s’est couché grognon, je lui ai pris la température, il avait 37°8. Je lui ai donné un peu de Doliprane. Ah oui il était un peu enrhumé déjà depuis la veille, mais bon ça c’est un peu tout le temps.
Elie est un enfant que je suis depuis la naissance ; il a déjà fait depuis qu’il est gardé en crèche (âge de 12 mois) plusieurs infections ORL, en particulier des rhinopharyngites. Son développement staturo-pondéral et psychomoteur est normal.
Une fois son enfant rhabillé, Mme M s’installe face à moi ; je lui confirme que Elie a effectivement une otite moyenne aiguë en rapport avec la présence au niveau de son tympan d’une bactérie, peut être un pneumocoque, et que je vais devoir lui prescrire un traitement antibiotique.
« Docteur, pourtant, vous l’aviez vacciné contre le pneumocoque, c’est pas efficace alors ? J’ai lu sur Internet qu’il existait un nouveau vaccin contre la méningite. Est ce qu’il est plus efficace que celui du pneumocoque parce que vous savez moi ça me fait peur cette maladie ? ».
Je lui explique les données actuelles et ce que je lui propose. Puis, je rédige l’ordonnance. Je lui donne également les éléments de la surveillance à effectuer.
« Bon ensuite, passons à Tali, qu’est-ce qui lui arrive ? »
« Elle, ça a commencé, hier après midi, comme elle était enrhumée depuis 2 jours et que son frère était malade, je lui ai pris sa température et elle avait 38°.
« Bon, je vais l’examiner »
Pendant que Madame M. déshabille Tali, je vérifie que les vaccins sont bien à jour.
« Tali a une rhinopharyngite avec une conjonctivite »
Je vais vous expliquer le traitement et la surveillance.
Je termine par la consultation de Mme M. Cette jeune femme de 35 ans a des antécédents de rhinopharyngite saisonnière en rapport avec une allergie au bouleau, elle fume 4 à 5 cigarettes par jour. Elle travaille comme commerciale dans une entreprise de papeterie.
A ma demande, elle me décrit ses symptômes : Je dois avoir une sinusite me dit-elle.
« J’ai commencé il y a 2 à 3 jours par avoir le nez qui coule, puis du mal en avalant maintenant je tousse jour et nuit, j’ai des frissons et surtout des douleurs au niveau des sinus. Je dois bien avoir un peu de fièvre mais je ne l’ai pas prise de toute façon je ne peux pas m’arrêter en ce moment, j’ai juste pris ma matinée.
Tout en examinant Mme M je commente mon examen. Je retrouve une rhinorrhée antérieure et postérieure séro muqueuse, le pharynx est érythémateux, la pression des sinus maxillaires et frontaux est sensible de manière bilatérale et symétrique, l’auscultation pulmonaire est normale. Il existe des ganglions cervicaux de petite taille, bilatéraux. L’examen cardio-vasculaire est normal, la tension est à 135/85.
« Vous avez une rhinopharyngite aiguë mais pas une sinusite aiguë ; dans ce cas, il est normal et fréquent d’avoir des douleurs au niveau sinus mais ces douleurs vont régresser ; elles ne correspondent pas à une infection bactérienne des sinus maxillaires. L’infection actuelle est virale, son évolution habituelle est de 8 à 10 jours mais le traitement va permettre d’améliorer les symptômes. »
Je lui propose un traitement symptomatique comprenant du paracétamol, des lavages de nez et un décongestionnant nasal. Je lui demande de me rappeler en fin de semaine si les troubles persistent ou en cas de nouveaux symptômes.
« Bon, avec tout ça, les nuits devraient être meilleures pour la famille M » dis-je en les raccompagnant. « Mais, vu ce qui circule en ce moment, il n’est pas dit que tout le monde arrivera à se débarrasser de tous les microbes ! » rajouté-je en souriant.
« Merci Docteur, et j’espère, pas à bientôt ! »
« Au revoir, Mme M, au revoir les enfants »