Lundi 8 heures 30 : je viens d’arriver à mon cabinet et à peine installé devant mon ordinateur, le téléphone sonne. C’est Mme A, une de mes patientes qui me de demande de la recevoir elle et son fils Kylian âgé de 15 mois si possible dès ce matin.
Je lui pose rapidement quelques questions, Kylian a de la fièvre depuis samedi soir entre 38° et 39° et malgré la prise régulière de paracétamol, il tousse et présente une respiration bruyante ; il a vomi son biberon ce matin à la suite d’une quinte de toux.
En ce qui la concerne elle a passé aussi une très mauvaise nuit, elle présente une fièvre à 38°5 et se plaint de difficulté importante pour avaler. Compte tenu de contexte, je décide en jonglant avec mon emploi du temps de la recevoir le matin même à 12h30. En s’asseyant face à moi Mme A. me dit « Bonjour Docteur, merci de nous avoir pris rapidement, cela va être un peu long aujourd’hui avec Kylian et moi »
D’accord « racontez moi ce qui vous amène, nous allons commencer par Kylian si vous le voulez bien » lui dis-je. « Eh bien, Kylian est enrhumé depuis 4 jours et samedi soir il a de la fièvre qui ne descend pas malgré les médicaments, il tousse beaucoup et a vomi son biberon ce matin ». Kylian est un enfant en bonne santé, gardée en crèche. Il a présenté il y a 2 mois un épisode de bronchiolite.
Dans les antécédents familiaux il existe une notion d’asthme dans l’enfance chez sa mère. D’autre part Mme A. fume, et elle n’a pas allaité son fils.
Kylian est un enfant que je suis depuis la naissance, son développement staturo-pondéral et psychomoteur est normal. Kylian est assis sur les genoux de sa mère, sa respiration est bruyante et au cours de l’entretien, il est pris de quintes de toux à 2 ou 3 reprises.
Lors de l’examen, je constate un bon état général, des téguments chauds, l’inspection retrouve un tirage sus claviculaire, sans balancement thoraco-abdominal ; le rythme cardiaque est accéléré, les bruits du cœur sont normaux, l’auscultation pulmonaire retrouve malgré les pleurs de l’enfant, des râles crépitants et quelques sibilants dans les 2 champs ; la nuque est souple, l’examen du rhinopharynx retrouve une paroi postérieure inflammatoire associée à un jetage épais et jaunâtre, les tympans sont congestifs mais il n’ ya pas d’otite moyenne aigue. Le poids est de 10kg480.
Une fois son enfant rhabillé Mme A. s’installe face à moi, et me demande « Kylian ne fait il pas une nouvelle bronchiolite ? Je suis inquiète j’ai lu sur internet que les bronchiolites pouvaient donner de l’asthme, et moi j’ai fait de l’asthme dans l’enfance et en plus c’est la 2ème qu’il fait ».
Je confirme que Kylian fait à nouveau une bronchiolite : « mais vous savez pour un enfant gardé en crèche ce n’est pas inhabituel, nous sommes en pleine période épidémique : les bronchiolites sont dues à un virus très contagieux, ce virus atteint les petites bronches et donne des symptômes qui peuvent ressembler à de l’asthme.
En ce qui concerne l’asthme il est encore trop tôt pour vous répondre, mais effectivement compte tenu du fait que vous avez fait de l’asthme, il a un peu plus de risque, nous allons surveiller ce problème de près, ce qui serait embêtant, ce serait de méconnaître le problème mais en surveillant, il n’y pas d’inquiétude à avoir ». Mme A. ne parait pas complètement rassurée mais comprend qu’il est encore trop tôt pour se prononcer.
Après ces explications je propose une prescription de 6 séances kinésithérapie respiratoire à commencer dés aujourd’hui, du paracétamol, et 1 inhalations matin, midi, après-midi et soir de B2 mimétiques à l’aide de la chambre d’inhalation que je lui prête après lui avoir fait une démonstration.
« Docteur, me dit-elle, la crèche va refuser de me le prendre dans son état, je n’ai plus de journées enfant malade pouvez m’arrêter 3 jours le temps qu’il aille mieux ? ». Je n’ai pas d’autre solution que d’arrêter la patiente pour une durée de 3 jours. Je lui demande de surveiller régulièrement la température de son enfant et de me rappeler dans les 3 jours pour me tenir informé de l’évolution.
Vient le tour de la consultation de Me P, cette jeune femme de 35 ans, a donc des antécédents d’asthme dans l’enfance mais n’a pas fait de crises depuis plusieurs années ; elle ne prend plus de traitement, elle fume 4 à 5 cigarettes par jour. Kylian est son deuxième enfant, le plus âgé a 7 ans. Elle travaille comme commerciale dans une entreprise d’informatique.
A ma demande, elle me raconte ce qui lui arrive : « Je dois avoir une otite me dit-elle ; j’ai commencé il y a 2 à 3 jours par avoir mal en avalant, cette nuit j’ai eu des frissons, j’ai eu mal à l’oreille droite, cela m’a empêché de dormir, surtout quand j’avalais ma salive, et ce matin au réveil j’avais 38°5 de fièvre ». Elle ne tousse pas, ne présente pas d’écoulement nasal mais se plaint de courbatures et de maux de tête.
A l’examen je retrouve des adénopathies cervicales bilatérales et sensibles. Ces tympans sont normaux ainsi que l’auscultation pulmonaire. Par contre l’examen de la gorge retrouve des amygdales augmentées de volume notamment la droite, érythémateuses sans enduit pultacé, le voile du palais est aussi érythémateux. Devant ce tableau je décide de pratiquer un sptreto-test en expliquant à la patiente que ce test va me permettre de savoir si elle présente une angine virale ou bactérienne. Je lui demande de se rhabiller en attendant 5 minutes le temps de la réaction du test.
Je lui explique qu’elle présente une angine, que les douleurs aux oreilles sont des douleurs dues à l’inflammation de ses amygdales. Au bout de quelques minutes le sptreto test se révèle positif, je confirme à la patiente qu’elle a une angine due à un streptocoque et que je vais lui prescrire des antibiotiques.
« Vous vous rappelez que je suis allergique à la pénicilline Docteur me dit-elle ».
« Vous faites bien de me le rappeler, je vais vous prescrire un antibiotique que ne fait pas partie de la famille de la pénicilline ». Je prescris une céphalosporine aux doses recommandées et demande mes honoraires à Mme A soit la somme de 49 euros.
En la raccompagnant jusqu’à la porte je lui rappelle de me contacter dans 2 ou 3 jours me donner des nouvelles de Kylian et d’elle-même.