Pour définir la médecine générale, plusieurs modèles théoriques ont été présentés. Une première conception a fait état d’un système composé d’un fragment de chaque spécialité et la juxtaposition de ces fragments constituerait un ensemble homogène. Dans cette optique, la médecine générale serait une discipline patchwork constituée d’un petit morceau de savoir sur tout. Cette conception est centrée sur la maladie et ne rend pas compte d’une réalité bien plus complexe. Parallèlement, et au nom de l’unicité de la médecine, une autre définition a été proposée. La médecine générale correspondrait à l’application d’un même savoir médical mais appliqué dans un autre lieu que l’hôpital.
Dans cette approche, la médecine générale ne serait qu’une discipline d’exercice. Son contenu ne serait pas différent de celui de la médecine interne par exemple, mais ses conditions d’application seraient particulières. Cette perspective est centrée sur le médecin et ne peut recouvrir tout le champ de la pratique. Ces deux modèles sont insatisfaisants, car ils simplifient à l’extrême l’identité de la médecine générale, "empruntent" son contenu à d’autres disciplines, et font abstraction du patient. La question fondamentale est : existe-t-il un contenu spécifique de la médecine générale, et si oui, quels sont les éléments qui permettent de le développer ?