Les définitions européennes des caractéristiques de la discipline de la médecine générale du Rôle du médecin généraliste et Une description des compétences essentielles du médecin généraliste - médecin de famille.
Préparé pour WONCA EUROPE (La Société Européenne de médecine générale -médecine de famille), 2002.
* Dr Justin Allen - Director of Postgraduate General Practice Education Centre for Postgraduate Medical Education, University of Leicester, United Kingdom - President of EURACT
* Professor Bernard Gay - President, CNGE, Paris, France Université de Bordeaux, France
* Professor Harry Crebolder - Université de Maastricht - Pays-Bas
* Professor Jan Heyrman - Université Catholique de Louvain - Belgique
* Professor Igor Svab - Université de Ljubljana - Slovénie
* Dr Paul Ram - Université de Maastricht - Pays-Bas
Edité par :
Dr Philip Evans - Président WONCA Europe
Cette déclaration est publiée avec l’assistance et la coopération du Bureau Européen de l’OMS, Barcelone, Espagne.
4.Les Compétences fondamentales
5. Critique académique et analyse ; les nouvelles définitions
6.Critique académique et analyse ; les compétences de base
Cette déclaration de consensus définit la discipline de médecine générale - médecine de famille ainsi que les tâches professionnelles et décrit les compétences essentielles requises d’un médecin généraliste. Les éléments essentiels de cette discipline académique sont définis et ce document fournit une opinion qui fait autorité sur les services que les médecins de famille devraient fournir aux patients en Europe afin que la prise en charge des patients soit efficiente et d’excellente qualité. Les définitions du document permettent le développement de programmes de formation, de recherche et d’ assurance de qualité pour s’assurer que la médecine de famille se développera et couvrira les besoins en soins de santé de la population du 21e siècle.
Il y a des différences significatives dans l’organisation des systèmes de soins de santé et la pratique de la médecine de famille en Europe. Pour les pays de l’Union Européenne et ceux qui aspirent à la rejoindre, l’éducation médicale est gouvernée par la Directive EU 93/16 dont l’objectif premier est de promouvoir la liberté de mouvement des médecins. Malheureusement, la Directive n’insiste pas assez sur le contenu et la qualité d’une formation de post gradué. Il est donc évident et essentiel pour la protection des patients que les médecins de famille bénéficient d’une formation qui leur donnera les compétences nécessaires pour pratiquer dans tous les pays membres.
Cette déclaration a été préparée sous l’égide de WONCA Europe (la Société Européenne de Médecine générale-Médecine de famille) l’Organisation Régionale de l’Organisation mondiale des médecins de famille (WONCA).
WONCA Europe assure le leadership scientifique et académique et représente la discipline de la médecine familiale pour le continent.. Parmi ses membres figurent les organisations académiques nationales de médecine de famille de 30 pays européens ainsi que des souscriptions individuelles de médecins généralistes. Son rôle principal est de promouvoir et développer la discipline pour obtenir et maintenir un haut niveau d’éducation, de formation, de recherche et de pratique clinique au bénéfice individuel des patients et de la communauté.
La réforme des systèmes de santé nationaux est une observation fréquente en Europe comme partout ailleurs dans le monde. Etant donné les changements démographiques, les avancées médicales, l’économie de la santé, les besoins et les attentes des patients, de nouvelles solutions sont recherchées pour fournir et procurer des soins de santé. L’évidence1 internationale indique que les systèmes de santé basés sur des soins de santé primaires efficaces avec des médecins généralistes (médecins de famille) qui ont un niveau de formation élevé et qui pratiquent au sein de la communauté, fournissent des soins plus rentables et plus efficaces au niveau clinique que les systèmes moins orientés vers des soins de santé primaires.
Il est vital que le rôle complexe et essentiel du médecin de famille au sein des systèmes de santé soit parfaitement compris par le corps médical, mais aussi par les professionnels associés à la médecine, les responsables de la santé, les économistes, les politiciens et le public. En Europe, un accroissement de l’investissement en médecine de famille est requis pour permettre aux systèmes de santé d’atteindre leur potentiel en faveur des patients. Ces investissements ne sont pas simplement nécessaires aux ressources humaines et à l’infrastructure mais également à l’éducation, la recherche et l’assurance de qualité.
Ces nouvelles définitions et la description des compétences principales sont publiées pour informer et contribuer au débat sur le rôle essentiel de la médecine de famille à l’intérieur des systèmes de santé, aux niveaux national et paneuropéen.
REFERENCE
1. Starfield B. Primary care : balancing health needs, services and technology.
Oxford : Oxford University press,1998.
2. LES DEFINITIONS EUROPEENNES 2002
LA DISCIPLINE ET LA SPECIALITE DE LA MEDECINE GENERALE - MEDECINE DE FAMILLE
La médecine générale - médecine de famille est une discipline scientifique et universitaire, avec son contenu spécifique de formation, de recherche, et de pratique clinique. C’est une spécialité clinique orientée vers les soins primaires avec ses propres fondements scientifiques.
i. Les caractéristiques de la discipline de la médecine générale-médecine de famille
a) Elle est habituellement le premier contact avec le système de soins, permettant une accessibilité complète aux usagers, prenant en compte tous les problèmes de santé, indépendamment de l’âge, du sexe, ou de toutes autres caractéristiques de la personne concernée.
b) Elle utilise de façon efficiente les ressources du système de santé par la coordination des soins, le travail inter-disciplinaire en soins primaires et la gestion du recours aux autres spécialités, se plaçant si nécessaire en défenseur du patient.
c) Elle développe une approche centrée sur la personne dans ses dimensions individuelles, familiales, et communautaires.
d) Elle utilise un mode de consultation spécifique qui construit dans la durée une relation médecin-patient basée sur une communication appropriée.
e) Elle a la responsabilité d’assurer des soins continus et longitudinaux, selon les besoins du patient.
f) Elle base son processus décisionnel spécifique sur la prévalence et l’incidence des maladies dans la communauté.
g) Elle gère simultanément les problèmes de santé aigus et chroniques de chaque patient.
h) Elle aborde les affections à un stade précoce et indifférencié qui pourrait éventuellement requérir une intervention rapide.
i) Elle favorise la promotion de la santé et du bien-être par une intervention appropriée et effective.
j) Elle a une responsabilité spécifique dans la communauté.
k) Elle répond aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle.
ii. La Spécialité de la Médecine Générale - Médecine de famille :
Les médecins généralistes-médecins de famille sont des médecins spécialistes formés aux principes de cette discipline. Ce sont des médecins de la personne chargés de dispenser des soins globaux et continus à tous ceux qui le souhaitent indépendamment de leur âge, de leur sexe et de leur maladie. Ils soignent les personnes dans leur contexte familial, communautaire, culturel et toujours dans le respect de leur autonomie. Ils acceptent qu’ils ont également une responsabilité professionnelle envers leur communauté.
Dans la négociation des plans d’intervention avec leurs patients, ils intègrent les dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle, mettant à profit la connaissance et la confiance engendrées par des contacts répétés. L’activité professionnelle du médecin généraliste-médecin de famille comprend la promotion de la santé, la prévention des maladies et la fourniture de soins à visée curative et palliative. Il agit personnellement ou fait appel à d’autres professionnels selon les besoins de santé et les ressources disponibles dans la communauté, en facilitant l’accessibilité. Ils ont la responsabilité d’assurer le développement et le maintien de leurs aptitudes professionnelles, de leur équilibre personnel et de leurs valeurs pour des soins efficaces et sûrs au patient.
iii. Les compétences fondamentales de la Médecine Générale - Médecine de famille
Comme discipline et spécialité, la définition doit mettre en évidence les compétences fondamentales du médecin généraliste-médecin de famille. « Fondamental » signifie essentiel à la discipline, indépendamment du système de santé dans lequel ces définitions sont appliquées.
§1. Les onze caractéristiques centrales qui définissent la discipline se rapportent à des habiletés que chaque médecin de famille spécialisé doit maîtriser. Elles peuvent être rassemblées en six tâches principales (en référence aux caractéristiques) :
1. La gestion des soins de santé primaires (a,b)
2. Les soins centrés sur la personne (c,d,e)
3. L’aptitude spécifique à la résolution de problèmes (f,g)
4. L’approche globale (h,i)
5. L’orientation communautaire (j)
6. L’adoption d’un modèle holistique (k)
§2. Le généraliste applique ses compétences dans trois champs d’activité :
a) démarche clinique,
b) communication avec les patients et
c) gestion du cabinet médical.
§3. Comme discipline scientifique centrée sur la personne, trois dimensions spécifiques doivent être considérées comme fondamentales :
a) Contextuelle : utiliser le contexte de la personne, la famille, la communauté et la culture
b) Comportementale : basée sur les capacités professionnelles du médecin, ses valeurs et l’éthique
c) Scientifique : adopter une approche critique basée sur la recherche et maintenir cette approche par une formation continue et une amélioration de la qualité.
L’interrelation entre les tâches principales, les champs d’activité et les dimensions spécifiques caractérise la discipline et souligne la complexité de cette spécialisation.
C’est cette interrelation complexe des compétences fondamentales qui doit guider et se retrouver dans les programmes de formation, de recherche et d’amélioration de la qualité.
3. NOTES D’EXPLICATIONS- LES NOUVELLES DEFINITIONS
La Discipline et la Spécialité de la médecine générale - médecine de famille
Il est nécessaire de définir la discipline de la médecine générale - médecine de famille, ainsi que le rôle du spécialiste en médecine de famille. La définition de la discipline doit servir à définir la base académique et le cadre qui la constitue, et ainsi informer des décisions relatives au développement de la formation, de la recherche et de l’amélioration de la qualité des soins. La définition de la spécialité est nécessaire pour transformer cette définition académique en une réalité pour le spécialiste en médecine de famille qui a en charge des patients au sein des systèmes de soins de santé à travers l’Europe.
1. Les caractéristiques de la discipline de la médecine générale / médecine de famille :
a) Elle est habituellement le premier contact avec le système de soins, permettant une accessibilité complète aux usagers, prenant en compte tous les problèmes de santé, indépendamment de l’âge, du sexe, ou de toutes autres caractéristiques de la personne concernée.
Le Terme “habituellement” est utilisé pour indiquer que dans certaines circonstances, ex. traumatisme majeur, ce n’est pas le premier point de contact. Cependant, il devrait être le premier point de contact pour la plupart des situations. Il ne devrait pas y avoir de barrières qui empêchent l’accès. Les médecins de famille devraient s’occuper de tous types de patients, jeune ou vieux, homme ou femme, et de tous types de problèmes de santé. La médecine générale est la ressource première et essentielle. Elle couvre un vaste champ d’activités déterminé par les besoins et les préférences des patients. Cette vision donne lieu aux nombreuses facettes de la discipline ainsi que l’opportunité de leur utilisation dans la gestion de problèmes individuels et communautaires.
b) Elle utilise de façon efficiente les ressources du système de santé par la coordination des soins, le travail inter-disciplinaire en soins primaires et la gestion du recours aux autres spécialités, se plaçant si nécessaire en défenseur du patient.
Ce rôle de coordination est un aspect clef de l’efficience des soins de santé de première ligne de bonne qualité en s’assurant que le patient consulte le professionnel de la santé le plus approprié à ses problèmes de santé. La synthèse des différents prestataires de soins, la distribution appropriée d’information et les directives pour les traitements nécessitent l’existence d’une unité de coordination. La médecine générale peut remplir ce rôle de pivot si les conditions structurelles le permettent. Développer le travail d’équipe autour du patient avec des professionnels de la santé permettra d’améliorer la qualité des soins. La gestion de l’interface avec d’autres spécialisations permet à la discipline d’assurer un accès approprié à ceux qui ont besoin de services de haute technologie basés sur des soins de santé de seconde ligne. Un rôle central de la discipline est de défendre (advocacy) et donc de protéger les patients des risques consécutifs aux explorations radiologiques, examens et traitements inutiles. Et de les guider à travers la complexité du système des soins de santé.
c) Elle développe une approche centrée sur la personne dans ses dimensions individuelles, familiales, et communautaires.
La médecine générale s’occupe des personnes et de leurs problèmes dans le cadre des différentes circonstances de leur vie, et non d’une pathologie impersonnelle ou d’un “cas”. Le patient est le point de départ du processus. Il est aussi important de comprendre comment le patient fait face à la maladie et comment il l’envisage, que de s’occuper de la maladie elle-même. Le dénominateur commun est la personne avec ses croyances, ses peurs, ses attentes et ses besoins.
d) Elle utilise un mode de consultation spécifique qui construit dans la durée une relation médecin-patient basée sur une communication appropriée.
Chaque contact entre le patient et le médecin généraliste contribue à l’histoire qui évolue, et chaque consultation individuelle peut s’appuyer sur cette expérience partagée. La valeur de cette relation personnelle est déterminée par les capacités de communication du médecin généraliste et est en elle-même thérapeutique.
e) Elle a la responsabilité d’assurer des soins continus et longitudinaux, selon les besoins du patient.
L’approche de la médecine générale doit être constante dès la naissance (et parfois même plus tôt) jusqu’à la mort (et parfois après). En suivant les patients toute leur vie, la continuité des soins est assurée. Le dossier médical est la preuve explicite de cette consistance. L’objectif est de conserver la mémoire des consultations, mais ceci n’est qu’une partie de l’historique de la relation médecin-patient. Les médecins de famille peuvent fournir des soins durant une période substantielle de la vie de leurs patients, durant plusieurs épisodes de maladie. Ils assurent également l’accessibilité aux soins de santé durant les 24 heures de la journée, en déléguant et en coordonnant les soins nécessaires quand ils n’ont pas la possibilité de les donner personnellement.
f) Elle base son processus décisionnel spécifique sur la prévalence et l’incidence des maladies dans la communauté.
Les problèmes qui se présentent aux médecins de famille dans la communauté sont très différents de ceux qui sont rencontrés dans les services de soins de seconde ligne. La prévalence et l’incidence des maladies sont différentes de celles obtenues dans les services hospitaliers et les maladies graves sont moins fréquemment observées en médecine générale que dans les services hospitaliers car il n’y a pas de sélection préalable. Ceci requiert la mise en place d’un processus de prise de décision spécifique, basé sur la probabilité qui est alimentée par la connaissance de la patientèle et de la communauté. La valeur prédictive, positive ou négative d’un signe clinique ou d’un test diagnostique est interprétée différemment en médecine de famille que dans le cadre hospitalier. Il est fréquent que le médecin de famille ait à rassurer des personnes anxieuses par rapport à une maladie après en avoir préalablement déterminé l’absence.
g) Elle gère simultanément les problèmes de santé aigus et chroniques de chaque patient.
La médecine de famille doit gérer tous types de problèmes liés aux soins de santé de patients individuels. Elle ne peut se limiter uniquement à la prise en charge de la maladie présentée, mais souvent le médecin devra gérer des problèmes multiples. La plupart du temps, le patient consulte pour plusieurs affections, dont le nombre augmente avec l’âge. La réponse simultanée à plusieurs demandes implique nécessairement une gestion hiérarchique des problèmes qui prend en compte les priorités du patient et celles du médecin.
h) Elle aborde les affections à un stade précoce et indifférencié qui pourrait éventuellement requérir une intervention rapide.
Souvent, le patient consulte dès l’apparition des symptômes, et il est difficile d’établir un diagnostic à ce stade initial de la maladie. Ce type de présentation signifie que d’importantes décisions pour le patient doivent être prise sur base d’information limitée et la valeur prédictive de l’examen clinique et des tests est alors moins certaine. Même si les signes cliniques d’une maladie spécifique sont généralement bien connus, la règle ne s’applique pas aux signes initiaux qui sont souvent non-spécifiques et communs à de nombreuses maladies. Dans de telles circonstances, la gestion des risques est un élément clef de la discipline. En excluant une conséquence immédiatement sérieuse, la décision peut être d’attendre de plus amples développements et de réexaminer la situation plus tard. Le résultat d’une consultation unique reste souvent au niveau d’un ou plusieurs symptômes, parfois l’idée d’une maladie, rarement un diagnostique complet.
i) Elle favorise la promotion de la santé et du bien-être par une intervention appropriée et effective.
Les interventions doivent être appropriées et efficaces et pour autant que ce soit possible, basées sur des évidences solides. Intervenir quand cela n’est pas nécessaire peut être néfaste et causer le gaspillage de ressources précieuses du système de santé.
j) Elle a une responsabilité spécifique dans la communauté.
La discipline reconnaît sa responsabilité envers le patient à titre individuel et de manière plus large envers la communauté en ce qui concerne les soins de santé. Parfois, ceci peut causer des tensions et peut amener des conflits d’intérêts qui doivent être gérés de manière appropriée.
k) Elle répond aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle
La discipline doit reconnaître toutes ces dimensions simultanément et accorder à chacune une importance adéquate. Les comportements face à la maladie et les modes d’évolution des pathologies varient selon ces diverses dimensions. Les interventions qui ne s’attaquent pas à la racine du problème causent beaucoup d’insatisfation au patient.
2. La spécialité de la médecine générale - médecine de famille
Les médecins généralistes-médecins de famille sont des médecins spécialistes formés aux principes de cette discipline. Ce sont des médecins de la personne chargés de dispenser des soins globaux et continus à tous ceux qui le souhaitent indépendamment de leur âge, de leur sexe et de leur maladie. Ils soignent les personnes dans leur contexte familial, communautaire, culturel et toujours dans le respect de leur autonomie. Ils acceptent qu’ils ont également une responsabilité professionnelle envers leur communauté. Dans la négociation des plans d’intervention avec leurs patients, ils intègrent les dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle, mettant à profit la connaissance et la confiance engendrées par des contacts répétés. L’activité professionnelle du médecin généraliste-médecin de famille comprend la promotion de la santé, la prévention des maladies et la fourniture de soins à visée curative et palliative. Il agit personnellement ou fait appel à d’autres professionnels selon les besoins de santé et les ressources disponibles dans la communauté, en facilitant l’accessibilité. Ils ont la responsabilité d’assurer le développement et le maintien de leurs aptitudes professionnelles, de leur équilibre personnel et de leurs valeurs pour des soins efficaces et sûrs au patient.
Cette définition du rôle du médecin de famille situe les caractéristiques de la discipline décrite ci-dessus dans le contexte du médecin praticien. Cela représente un idéal auquel tous les médecins de famille peuvent aspirer. Certains éléments de cette définition ne sont pas uniques aux médecins de famille mais sont généralement applicables à la profession dans son ensemble. La spécialisation en médecine générale - médecine de famille est néanmoins la seule qui peut appliquer toutes ces particularités. Un exemple de responsabilité courante est la maintenance de ses compétences, ce qui peut être particulièrement difficile pour un médecin de famille qui est souvent isolé dans son travail.
4. NOTES D’EXPLICATIONS - LES COMPETENCES FONDAMENTALES
Comme discipline et spécialité, la définition doit mettre en évidence les compétences fondamentales du médecin généraliste-médecin de famille.
‘Fondamental’ signifie essentiel à la discipline, indépendamment du système de santé dans lequel ces compétences sont appliquées. Elles sont regroupées en trois dimensions , en relation à la discipline (§1), à la pratique de la spécialisation (§2) et à quelques particularités du contexte général (§3).
§1. Les onze caractéristiques centrales qui définissent la discipline se rapportent à des habiletés que chaque médecins de famille spécialisé doit maîtriser. Elles peuvent être rassemblées en six tâches principales :
1. La gestion des soins de santé primaire
a) La capacité de gérer le premier contact avec les patients ;
b) Coordonner les soins avec d’autres professionnels des soins de première ligne ou d’autres spécialités afin de fournir des soins efficaces et appropriés, en assumant un rôle de défenseur envers le patient quand cela est nécessaire.
2. Les soins centrés sur la personne
c) Adopter une approche centrée sur la personne lors de la prise en charge de patients et de problèmes ;
d) développer et appliquer la consultation de pratique générale pour créer une relation efficace entre le médecin et le patient ;
e) fournir des soins continus dans le temps selon les besoins du patient.
3. L’aptitude spécifique à la résolution de problèmes
f) utiliser le processus spécifique de prise de décision déterminé par la prévalence et l’incidence des maladies au sein de la communauté ;
g) gérer des conditions qui peuvent se déclarer rapidement et de façon indifférenciée, et intervenir dans l’urgence quand cela est nécessaire.
h) gérer simultanément les problèmes aigus et chroniques du patient ;
i) promouvoir la santé et le bien-être en appliquant de manière appropriée des stratégies de promotion de la santé et de prévention des maladies.
5. L’orientation communautaire
j) réconcilier les besoins en soins médicaux des patients individuels avec les besoins en soins médicaux de la communauté dans laquelle ils vivent et cela en équilibre avec les ressources accessibles.
6. l’adoption d’un modéle holistique k)Utiliser un modèle bio-psycho-social qui prend en considération les dimensions culturelles et existentielles.
§2. Pour pratiquer la spécialisation, le médecin applique ses compétences dans trois champs d’activité :
a. démarche clinique
b. communication avec les patients et
c. gestion du cabinet médical .
§3. Comme discipline scientifique centrée sur la personne, trois dimensions spécifiques doivent donc être considérées comme fondamentales :
a) Contextuelle : utiliser le contexte de la personne, la famille, la communauté et la culture
b) Comportementale : basée sur les capacités professionnelles du médecin, ses valeurs et l’éthique
c) Scientifique : adopter une approche critique basée sur la recherche et maintenir cette approche par une formation continue et une amélioration de la qualité.
L’interrelation entre les tâches principales, les champs d’activité et les dimensions spécifiques caractérise la discipline et souligne la complexité de cette spécialisation.
C’est cette interrelation complexe des compétences fondamentales qui doit guider et se retrouver dans les programmes de formation, de recherche et d’amélioration de la qualité.
5. CRITIQUE ACADEMIQUE ET ANALYSE ; LES NOUVELLES DEFINITIONS :
Introduction
Le groupe Leeuwenhorst a publié sa déclaration “The General Practitioner in Europe” en 19741. A cette époque, la discipline de la médecine générale - médecine de famille était à ses débuts, plus particulièrement en ce qui concerne son enseignement et la recherche. Après près de 30 ans, le monde a évolué et cela est plus apparent au niveau de la distribution des soins de santé. La médecine générale - médecine de famille est bien établie en Europe au sein des systèmes de soins de santé et les responsables des soins de santé reconnaissent son importance grandissante. Ceci a été mis en évidence par l’OMS Europe dans son document cadre de 19982 et par le fait que dans la plupart des pays de l’ex-bloc soviétique, la médecine générale - médecine de famille est introduite comme base de leurs nouveaux systèmes de soins de santé.
Durant les 30 dernières années, la société a changé et le rôle du patient a pris plus d’importance comme facteur déterminant au niveau des soins de santé et de leur distribution . L’opinion du clinicien n’est plus tenue comme sacro-sainte et un nouveau dialogue apparaît entre les consommateurs et les fournisseurs de soins de santé. Le futur médecin de famille doit non seulement être au courant de ce changement mais doit aussi être capable d’évoluer dans un tel environnement. Il est important que la discipline de la médecine générale - médecine de famille continue d’évoluer au sein d’un système de santé qui évolue et qu’elle réponde aux besoins de santé des patients. Les médecins de famille doivent être impliqués dans le développement continu de leur système de santé, et en tant qu’individus, ils doivent être capables de changer pour rencontrer ces nouveaux défis.
Lors de sa présentation récente à la réunion d’été du RCGP (3), Van Weel a mis en évidence le besoin de développement académique pour assurer le transfert de connaissance, d’expertise et d’expérience, pour développer des techniques et des méthodologies qui répondent aux besoins spécifiques de la médecine générale et pour explorer l’efficacité des soins fournis par la médecine générale. Il a également souligné l’importance de la valeur de base de la médecine de famille et du besoin d’une culture commune de l’enseignement, de la recherche et de la formation. Il est donc temps de réexaminer les définitions du rôle du médecin de famille et de développer une déclaration claire au sujet des caractéristiques de la discipline de la médecine générale/médecine de famille.
Il y a un besoin impératif supplémentaire auquel doivent se plier les pays de l’Union européenne et ceux qui aspirent à rejoindre l’Union. La Directive 93/164 entend promouvoir la liberté de mouvement des médecins et donc en termes de protection des patients, il est évident que les médecins de famille devraient recevoir une formation qui leur donnerait les capacités nécessaires pour pratiquer dans tous les pays membres, car leur qualification leur permet de pratiquer n’importe où dans l’UE sans formation complémentaire. Il en découle qu’il est important d’avoir un consensus qui définit les caractéristiques de la discipline et les tâches que le médecin de famille doit accomplir.
La Directive 93/16 définit seulement une période de formation de 2 ans minimum avec un minimum de 6 mois dans un cabinet de médecine générale ; dans certains pays, cette période a été rallongée à 3 ans ou plus. Le document de consensus de l’UEMO de 1994 concernant la formation spécifique de la médecine générale5 argumente le besoin de prolonger la période de formation à une durée minimum de 3 ans en incluant une partie pratique et théorique, dont un minimum de 50% de la formation clinique doit être suivie dans un environnement de médecine générale. Le Advisory Committee on Medical Training (ACMT)6 a accepté l’opinion de l’UEMO et a conseillé à la Commission européenne de revoir la Directive en ces termes- d’établir une période de formation de 3 ans, 50% dans un cabinet médical, et que les médecins généralistes soient impliqués et responsables à tous les niveaux de la formation en médecine générale. Malheureusement, ces conseils n’ont pas encore été acceptés par la Commission européenne.
Les problèmes qui entourent les changements du Titre 4 de la directive médicale concernant la médecine générale - médecine de famille et le besoin de développer la place de la médecine de famille dans le curriculum des facultés de médecine ont amené la suggestion que de plus amples développements de la discipline pourraient être réalisés si “le spécialiste en médecine de famille” devenait une spécialisation listée sous le 3e intitulé - qui couvre toutes les autres spécialisations médicales. L’objectif de ce document n’est pas d’explorer cette possibilité ; l’objectif est d’élaborer les principes qui sous-tendent la discipline de la médecine générale - médecine de famille.
ROLE, DISCIPLINE ET SYSTEME DE SOINS DE SANTE
Il y a différentes approches conduisant à la production d’une nouvelle définition. La méthode utilisée par le groupe Leeuwenhorst, et plus récemment par Olesen et al7, était de définir les paramètres de la discipline en décrivant les types de tâches que doit accomplir un médecin de famille. Une approche alternative est d’essayer de définir les principes fondamentaux de la discipline de la médecine générale - médecine de famille. Cette approche fut choisie par Gay pour une présentation faite lors de la réunion inaugurale de WONCA Europe à Strasbourg en 19958 et elle fut aussi utilisée pour le développement du document cadre de l’OMS Europe.
Gay a suggéré qu’il existe une relation entre les principes et les tâches, avec quelques influences sur les tâches requises par les patients et le système de santé. Ceci devrait amener à des définitions des compétences qui détermineront le contenu de la formation en médecine générale. Ceci est représenté dans la figure 1.
Ceci indique la relation dynamique entre les principes sous-jacents de la discipline et les tâches que les médecins de famille doivent accomplir. Ces tâches sont déterminées jusqu’à un certain point par le système de soins de santé au sein duquel le médecin généraliste travaille et par les besoins et les demandes changeants des patients.
Les caractéristiques décrites par l’OMS Europe peuvent aussi être considérées comme les objectifs de la médecine générale au sein du système de santé. Ces concepts introduisent des notions d’efficacité et si l’on accepte que le système de santé détermine, jusqu’à un certain point, la tâche que le médecin de famille est capable d’entreprendre, toute nouvelle définition doit prendre en considération le contexte dans lequel le médecin de famille travaille et doit refléter les besoins changeants des patients ainsi que les nouveautés dans les systèmes de santé.
Système de santé
Besoins et demandes des patients
Tâches professionnelles du médecin généraliste
Principes de la médecine générale
Figure 1
Le contenu de l’éducation, de la recherche et de l’assurance de qualité
Compétences fondamentales
Ces approches ne sont pas mutuellement exclusives et toute nouvelle définition devra prendre en compte les principes de base de la discipline, les tâches principales du médecin de famille au sein du système de santé et l’influence du système de santé sur l’accès à la médecine de famille.
Les principes de la discipline suggérés par Gay sont :
Une approche centrée sur le patient
Des maladies à un stade précoce
Une orientation vers le contexte familial et communautaire
La gestion simultanée de plaintes et pathologies multiples
Des champs d’activités définis par les besoins et les requêtes des patients
Le suivi
Des problèmes de santé non-sélectionnés et complexes
Des soins de santé coordonnés
La faible incidence de maladies sérieuses L’Efficience
Et sont en de nombreux points similaires aux caractéristiques de la médecine générale -
médecine de famille décrites dans la déclaration cadre de l’OMS et qui sont :
A. Général
E. Collaborant
B. Continu
F. Orienté vers la famille
C Globaux
G. Orienté vers la communauté
La déclaration de l’OMS développe plus ce que signifient ces 7 caractéristiques :
Général : -
Pas de sélection de problèmes de santé au niveau de la population générale Ne pas exclure des catégories sur base de l’âge, du sexe, de la race, de la religion ou d’autres catégories de problèmes de santé Accès aisé, sans limites géographiques, culturelles, administratives ou de barrières financières
Continu : -
Centré sur la personne Soins de santé longitudinaux, pendant une période substantielle de la vie, non-limités à un épisode de maladie
Soins globaux : -
Des soins intégrés impliquent :
Promotion de la santé, prévention des maladies, les soins curatifs, de réhabilitation et de support Perspectives physiques, psychologiques et sociales Les aspects cliniques, humains et éthiques de la relation médecin - patient
Coordination : -
Gestion des soins dès le premier contact Renvoi vers les services spécialisés Fournir des informations aux patients sur les services disponibles Gestion et coordination des soins
Collaboration : -
Travail en équipes multidisciplinaires Déléguer les soins quand cela est approprié Exercer la direction
Soins orientés vers la famille :-
S’adressent aux problèmes individuels dans le contexte :
Des circonstances familiales Des réseaux sociaux et culturels Des circonstances liées à l’emploi et au lie de vie
Orientation communautaire :-
Suggère que la médecine de famille considére les problèmes individuels dans un contexte qui prend en compte : -
les besoins en soins de santé de la communauté les autres professionnels et les organisations
En 1991 dans sa déclaration sur le rôle du médecin généraliste - médecin de famille au sein des systèmes de soins de santé9, la WONCA a produit une définition du rôle du médecin généraliste et l’a liée aux particularités de la médecine générale - médecine de famille qui y sont décrites par catégories d’engagements et de spécifications.
La déclaration de WONCA de 1991 inclut les items suivants :
Ø Des soins globaux
Ø Orientation vers le patient
Ø Centré sur la famille
Ø Relation médecin/patient
Ø Coordination avec d’autres services
Ø Fonction de défense du patient (advocacy)
Ø Gestion de l’accessibilité et des ressources
Le chevauchement est grand entre les caractéristiques décrites dans le document de l’OMS, les ‘’spécifications’’ du document de la WONCA et les principes définis par Gay. Ceci peut être démontré en croisant les données dans le tableau ci-dessous :
OMS 1998 WONCA 1991 “Principes” décrits par Gay
Général Soins globaux 3. champs d’activités déterminé par les besoins et les requêtes du patient
4. problèmes de santé non-sélectionnés et complexes
Continu* Orienté vers le patient 1. approche centrée sur le patient
8. gestion continue
Globalité Soins globaux 3. champs d’activités déterminé par les besoins et les requêtes du patient
4. problèmes de santé non-sélectionnés et complexes
Coordonné Coordination avec d’autres services 9. Soins coordonnés
Collaboration Coordination avec d’autres services 9. Soins coordonnés
Orienté vers la famille Centré vers la famille 2. Orientation vers le contexte familial et communautaire
Orienté vers la communauté Engagements dans la communauté 2. Orientation vers le contexte familiaux et communautaire
* Confusion in the use of language in the WHO document may cause some difficulty. The confusion is between the words “continuous”, and “continuing” and in the context of the WHO document “continuing” would be more appropriate.
Continuous - means without a break ; uninterrupted ; such as the perimeter fence around a prison.
Continuing - means that a process or activity will be maintained ; kept up ; continue for the future not ceaselessly, but “ongoing”.
This can be illustrated best by its use in relation to medical education. Continuous medical education would mean that one never did anything else - but morning noon and night one was undergoing medical education. Continuing medical education on the other hand would describe a process which could well be intermittent or episodic, but which would go in indefinitely. The longitudinal care of the médecin de famille is best described as continuing.
Toutefois, il existe des différences intéressantes. Les rubriques décrites par l’OMS et la WONCA se préoccupent d’activités professionnelles liées au système de santé et non pas de la discipline en tant qu’activité médicale avec un processus spécifique. En effet, les 3 caractéristiques suivantes concernent la discipline et ne sont pas vraiment intégrées aux caractéristiques décrites par l’OMS et WONCA.
“La faible prévalence des maladies graves’’, “les maladies à un stade précoce”, et “la gestion simultanée de plaintes et de pathologies multiples” font partie de la présentation de Gay et sont inclus dans “les soins globaux” du document WONCA, mais ne sont pas couverts par les caractéristiques de l’OMS. Il s’agit d’un aspect crucial de la médecine générale - c’est une discipline qui s’intéresse aux personnes (contrairement à une approche basée sur les organes et/ou les pathologies), et qui est orientée vers la normalité (contrairement à l’orientation vers l’anormal des soins de seconde ligne). Cependant, les médecins de famille rencontreront et devront aussi gérer les maladies sérieuses et non-différenciées à un stade précoce. Les médecins généralistes assurent également le suivi de malades atteints d’affections graves jusqu’à la fin de la vie de ceux-ci. La déclaration de la WONCA insiste aussi sur le fait que l’incidence des maladies et les modes de présentation de celles-ci sont très différent dans le cadre des soins de première ligne par rapport au cadre hospitalier, là où ils sont habituellement enseignés.
Le cadre de l’OMS ne se penche pas en détails sur ce qui doit être considéré comme la pierre angulaire de la médecine générale - médecine de famille, la consultation individuelle entre le patient et le médecin de famille. Gay a proposé un modèle théorique de la médecine générale : un modèle global, ouvert d’esprit, qui considère la maladie comme le résultat de facteurs organiques, humains et environnementaux. Ce concept, dans lequel la santé est un cadre complexe, ressemble au modèle biopsychosocial d’Engel : c’est un modèle holistique.
La consultation est inclue dans la déclaration de la WONCA qui décrit également le besoin d’exprimer la définition des problèmes des patients en termes biomédicaux et humains ; c’est-à-dire en termes physiques, psychologiques et sociaux. Cette réflexion trouve son origine dans le rapport d’un groupe de travail du Royal College of General Practitioners (RCGP)10, et le concept est tellement ancré dans la pensée de la discipline qu’il y a un danger qu’il soit pris pour acquis.
L’efficience est un autre élément qui figure dans la déclaration de Gay et qui ne figure pas spécifiquement parmi les caractéristiques reprises par l’OMS. Ceci fait sans doute référence à l’efficacité économique qui est acceptée comme une particularité des systèmes de soins de santé bien développés. La déclaration de la WONCA développe plus largement cette idée en suggérant que le médecin de famille a un rôle dans la gestion des ressources des systèmes de soins de santé.
L’interrelation qui existe entre les principes qui définissent la discipline et qui furent décrits précédemment ainsi que les différentes descriptions des rôles, peuvent être vus si on examine ces principes en détails (voir appendix 1). La définition originale de Leeuwenhorst semble avoir un avantage sur les autres car elle a résisté au temps et est généralement acceptée. Elle s’inscrit dans un contexte temporel spécifique alors que la médecine générale était une nouvelle discipline avec des bases de recherche et de formation peu développées et était considérée comme une branche de la profession médicale dont il fallait se contenter si l’on n’avait pas la capacité de faire mieux. La définition de Leeuwenhorst se base, tout au moins en partie, sur la définition produite en 197210 par un groupe de travail du Royal College of General Practitioners, qui a aussi inspiré la définition de la WONCA. Cette définition couvre de nombreuses caractéristiques décrites plus tard dans le cadre de l’OMS mais elles sont placées dans le contexte du travail journalier en médecine générale. Toutefois, elle n’est pas suffisante en soi pour être la définition unique et n’est pas exhaustive. Par exemple, les soins curatifs, de réhabilitation et de support ne sont pas mentionnés spécifiquement.
Olesen et al. ont déclaré que la définition originale Leeuwenhorst est dépassée et qu’elle ne reflète plus la réalité de la médecine générale actuelle. Toutefois, il semble que le mécontentement exprimé par Olesen et al. est du au fait qu’un grand nombre de ceux qui se considèrent comme des médecins de famille travaillent au sein de systèmes de soins de santé qui ne permettent pas de se conformer à toutes les caractéristiques. Donc, ils perdent certaines particularités que beaucoup considèrent comme primordiales au travail du médecin de famille, plus particulièrement la perte du concept du cadre communautaire de la discipline et la continuité des soins dans la durée. Pour confirmer leur point de vue, ils citent des exemples comme celui des médecins de famille qui travaillent dans des services d’urgence.
Les deux définitions produites successivement, celle de la WONCA en 1991 et d’Olesen en 2000, semblent avoir leurs racines dans la définition de Leeuwenhorst. La déclaration de la WONCA en 1991 semble donner plus de pertinence à différents systèmes de santé et incorpore, comme cela a été décrit, des descripteurs de la discipline. Dans la section concernant le processus de prise de décisions cliniques, elle décrit la présentation précoce de problèmes cliniques non-differenciés, le grand nombre de problèmes qui ne s’accommodent pas d’un diagnostique biomédical standard et des différentes prévalences de maladies au sein de la pratique de la médecine générale en comparaison avec un cadre de médecine de seconde ligne.
Quand on considère le système de santé, le modèle présenté dans la figure 2 est généralement accepté11. Si nous utilisons la définition de la médecine de première ligne utilisée dans l’introduction - “le cadre du système de santé qui est, généralement, la communauté à laquelle le patient appartient et où s’établit le premier contact avec un professionel de la santé” - il faut considérer le contexte dans lequel travaille le médecin de famille. Les interfaces entre auto-traitement, la médecine de première, de seconde et de troisième ligne et les interactions entre les différents fournisseurs de soins de santé sont des points importants à prendre en considération.
Figure 2
Santé
Auto-traitement
Première ligne
Prévention seconde ligne
troisième ligne
Résolution
Soulagement
Tolérance
Il existe un certain nombre de modèles de systèmes de santé en Europe, avec certaines différences au niveau de la patientèle des médecins de famille et un nombre croissant de différents professionnels de la santé travaillant au niveau des soins primaires. Les contextes dans lesquels travaillent ces médecins de famille sont très différents, mais les principes sous-jacents de la discipline devraient toujours être d’application. Evidemment, certains systèmes de santé ne sont peut-être pas les plus favorables à la bonne pratique de la médecine de famille, et, malgré le fait que ces systèmes ne soient pas très sensibles aux changements, nous ne devrions pas avoir peur d’exprimer des propositions de modèles idéaux de systèmes de santé qui puissent fournir les meilleurs résultats de santé tout en étant rentables. Il s’agit de systèmes basés sur une médecine de famille de haute qualité. Ceci était une des principales avancées du document cadre de l’OMS.
La tâche est de définir ce qui est l’activité unique du médecin de famille - le généraliste clinicien. Au travers de leurs activités en médecine préventive et en éducation à la santé, les médecins de famille ont une influence sur l’auto-traitement. Dans certains systèmes de santé, ils influencent la distribution des soins de seconde et de troisième ligne et leur rôle de coordinateur peut faciliter l’accès approprié à ces services. Dans d’autres cas, des spécialités pointues peuvent aussi être disponibles dans un cadre de soins primaires, souvent en s’occupant de problèmes qui, dans d’autres pays, seraient pris en charge par le médecin de famille. Dans certains systèmes de santé, les médecins de famille travaillant avant tout au niveau des soins primaires auront un rôle limité au niveau des soins de seconde ligne.
Peut-on combiner toutes ces déclarations et définitions différentes ? Avons-nous besoin d’une nouvelle définition ? Devrait-elle être une description de la tâche/du rôle ou des particularités de la discipline ? Ceci fut débattu lors d’un workshop organisé dans le cadre de la Conférence de WONCA Europe qui s’est tenue en 2001 à Tampere en Finlande. Une majorité substantielle a exprimé le souhait de l’élaboration d’une nouvelle définition qui donnerait à la fois une description des tâches et des principes de la discipline.
De nombreuses similitudes existent entre les déclarations des principes qui définissent notre discipline, et les descriptions des tâches du médecin généraliste, mais il existe aussi des différences significatives. Comme cela a été démontré, les définitions existantes ne sont pas exhaustives et ceci est peut-être dû aux différentes interprétation. Aucune de ces définitions en tant que telles n’englobe toutes les particularités de la discipline de la médecine générale. Il y a donc un besoin de synthèse des différentes déclarations prises en considération jusqu’ici afin d’examiner les différences, de combler les lacunes et d’assurer l’exhaustivité.
La plupart des inquiétudes concernant la définition de Leeuwenhorst exprimées dans leur publication par Olesen et al semblent dues à son interprétation en termes absolus. Par exemple, que signifie ‘soins personnels’ ? S’agit-il des soins prodigués par le même médecin à chaque consultation ? Si ce n’est pas le cas, quelles sont les conditions qui rendent cela acceptable pour un assistant - exemple : après les heures de consultation. Est-il question de soins de personnes plutôt que de pathologie - ou de l’orientation des soins vers l’individu dont parle Gay et l’OMS ? Le workshop de Tampere a également donné un avis à ce sujet ; très peu de participants soutenaient l’idée que le médecin généraliste doive fournir des soins personnels 24 heures sur 24, mais une majorité substantielle a exprimé son accord sur la continuité des soins personnels.
Si l’on considère notre définition, il y a un certain nombre de points qui doivent être développés. L’interaction unique qui lie le médecin de famille et le patient au moment de la consultation mérite qu’on s’y intéresse de plus près. McWhinney12 l’a décrite comme un pacte qui a ses propres effets thérapeutiques. La relation qui existe en médecine générale entre le médecin et le patient a poussé Balint13 à utiliser l’expression « Le médecin médicament ». Utiliser l’interaction de la consultation comme outil thérapeutique doit être considéré comme une particularité spécifique à la médecine générale et doit être développé dans le cadre de la formation. Pereira-Gray14 a développé le sujet de la continuité et l’utilisation du temps en considérant que les consultations séparées entre le médecin généraliste et le patient au fil du temps forment un continuum. Il déclare qu’en moyenne un citoyen britannique consulte son médecin généraliste cinq fois par an, ce qui équivaut à 47 minutes par an de temps cumulé
Un domaine qui a vu son importance s’accroître ces dernières années est le concept de l’autonomie du patient et, lié à celui-ci, le rôle du médecin de famille dans le développement de l’expertise du patient à gérer ses maladies et donc contribuer au traitement en changeant son comportement. Il est probable que son importance croisse car les patients sont mieux informés grâce à des systèmes d’information variés qui sont accessibles, comme internet.
Le rôle de représentation, de défenseur du patient figure uniquement dans la déclaration de WONCA, mais il figurait également dans les documents préparatoires de l’OMS. Ce rôle est décrit comme une aide au patient pour l’encourager à prendre une part active dans le processus de prise de décisions cliniques et à travailler avec le gouvernement et d’autres autorités compétentes afin de maximaliser une distribution équitable des services à tous les membres de la société. Il semble qu’il y ait une fonction supplémentaire pour le médecin de famille qui consiste à assister les patients à s’y retrouver dans le dédale des systèmes de santé pour accéder aux soins de seconde et de troisième ligne.
L’épidémiologie de la médecine générale est essentiellement différente de celle des soins de seconde ligne. Les maladies courantes se découvrent tôt et de manière indifférenciée. Plusieurs problèmes mineurs et auto-limités ne sont observés que dans, seulement ou de façon prédominante, le cadre de soins primaires. La médecine de famille gère la plupart des soins continus associés aux maladies chroniques. La majorité des consultations servent à calmer l’anxiété liée aux maladies possibles du patient qui ne montre aucune pathologie - l’orientation vers la santé OU la normalité des soins primaires-. Le concept d’orientation normale est complexe et couvre un grand nombre de sujets. Il englobe la promotion de la santé et du bien-être, ainsi que la probabilité qu’un grand nombre de problèmes présentés sont sans fondement pathologique. En même temps, les médecins généralistes doivent diagnostiquer et gérer des maladies graves dont l’incidence est différente de celles des soins de seconde et de troisième ligne. Ils doivent utiliser leurs capacités à résoudre des problèmes pour sortir de ce dilemme. C’est une tâche extrêmement complexe qui demande un processus spécifique de prise de décisions, basé sur la faible incidence de maladies graves et sur le fait que la valeur prédictive positive des symptômes, des signes et des tests diagnostiques est différente en soins primaires. Pour un grand nombre de conditions, cette valeur est inférieure à celle obtenue dans un cadre hospitalier. L’angoisse ressentie par le patient est rarement liée à une cause biomédicale et il est important de savoir arrêter l’investigation, tout en continuant les soins. Il faut également protéger le patient contre une médicalisation excessive, en évitant, si nécessaire, des tests, des dépistages, et des traitements superflus.
McWhinney15 insiste sur le modèle des processus biologiques, centré sur les organes, qui décrit le comportement particulier d’organes et qui sera influencé par l’histoire, le contexte et l’environnement. Cela demande de la part du médecin généraliste, une recherche de la complexité et une acceptation de l’incertitude. McWhinney souligne le fait que de toutes les disciplines cliniques, la médecine générale opère au plus haut niveau de complexité et donc d’incertitude. Dans sa présentation, il accentue certains sujets déjà abordés - les relations, l’orientation vers l’individu, et le dualisme entre le corps et l’esprit (physique, psychologique et social).
A notre époque, caractérisée par la consommation et la gestion des performances, on attend de la part du médecin de famille qu’il maintienne ses compétences grâce à un apprentissage continu, et que celles-ci soient démontrées au travers d’une assurance de qualité. Certains systèmes de santé imposent le renouvellement régulier de l’accréditation. D’autres changements sociétaux modifieront l’opinion des consommateurs concernant l’approvisionnement en soins de santé et le médecin généraliste devra être flexible pour pouvoir répondre à ces changements. Cette flexibilité devra s’accomoder des changements rapides du domaine bio-médical, et pour le généraliste clinicien cela couvre tout le spectre de la gestion des maladies.
Une augmentation des voyages et de l’immigration peut être la source de changements rapides au niveau de la répartition de la santé et des maladies. Ceci comporte de nouveaux défis pour les médecins généralistes et entraine un changement au niveau de l’épidémiologie de la médecine générale. Le médecin généraliste a besoin d’une plus grande compréhension des différences culturelles, éthniques et religieuses, de leurs impacts sur les maladies et la santé ainsi que de leurs implications au niveau du traitement.
Il y a également le développement d’une nouvelle fonction liée à la gestion des ressources. Avec les coûts croissants des soins de santé, le généraliste clinicien en relation avec son patient détient une position unique dans la détermination des priorités des allocations en soins de santé. Les médecins de famille doivent aussi être conscients de leur rôle dans la promotion de la pratique rentable de la médecine, non seulement dans leurs activités mais également dans celles de leurs collègues. Un certain conflit peut exister entre les besoins d’un patient et ceux de la communauté. Le médecin de famille doit en être conscient, effectuer un choix approprié et le communiquer à son patient.
Un domaine dont on ne parle pas spécifiquement dans les autres définitions, est le concept des aptitudes à haut risque ou à utilisation fréquente. Les aptitudes à utilisation fréquentes sont celles qui sont utilisées couramment en médecine générale car elles sont requises régulièrement comme par exemple l’examen d’un enfant, la prise de connaissance du contexte historique dans un temps limité, l’examen ORL, etc ... Les aptitudes à haut risque sont requises lors de situations que le médecin généraliste rencontre peu fréquemment et où il existe un risque majeur pour le patient, tel que la réanimation cardio-vasculaire, un patient convulsé ou un patient agressif ou dangereux.
Pour en finir, il doit être clair que notre processus de formation doit préparer le médecin de famille à une démarche clinique très différente qui, à la base, n’est pas de nature mécaniciste ou technique, ce qui est la voie prédominante dans les écoles de médecine à travers le monde.
Une déclaration qui fait autorité est nécessaire pour définir la discipline de la médecine générale - médecine de famille, les tâches du médecin généraliste, et lié à celles-ci, au moins au sens large, le contexte du sytème de santé.
La déclaration doit définir :
1) Les éléments essentiels de la discipline qui la définissent et qui ne dépendent pas du système de santé.
2) Les tâches professionnelles qui sont réellement d’application mais qui peuvent varier selon le contexte. Un exemple de ces applications est le renvoi vers des soins de seconde ligne, ce qui est un élément essentiel pour lequel le rôle d’intermédiaire obligatoire vers ces soins ne l’est pas.
3) Les tâches professionnelles qui, à cause de différences contextuelles, ne sont généralement pas d’application, mais lorsque la situation est jugée insatisfaisante (comme par exemple, si l’on pense que le médecin généraliste doit prendre en charge des patients de tous âges, y compris les enfants, et que ceci n’est pas possible dans des systèmes de santé particuliers), il faut suggérer que le système de santé opère des changements afin de maximiser les bénéfices au niveau des résultats de santé recueillis par le patient, et au niveau de la rentabilité des soins communautaires.
Ceci nous amène à de nouvelles définitions, ou tout au moins, à des définitions révisées. Nous réclamons une définition des caractéristiques, ou des principes de la discipline de la médecine de famille ET une définition du rôle des médecins de famille, catégorisé par rapport au système de santé dans lequel ils travaillent.
La définition européenne de la
médecine générale en 2002
La discipline médecine générale - médecine de famille
La médecine générale - médecine de famille est une discipline scientifique et universitaire, avec son contenu spécifique de formation, de recherche, et de pratique clinique. C’est une spécialité clinique orientée vers les soins primaires avec ses propres fondements scientifiques.
1. Les caractéristiques de la discipline médecine générale - médecine de famille sont les suivantes :
a) Elle est habituellement le premier contact avec le système de soins, permettant une accessibilité complète aux usagers, prenant en compte tous les problèmes de santé, indépendamment de l’âge, du sexe, ou de toutes autres caractéristiques de la personne concernée.
b) Elle utilise de façon efficiente les ressources du système de santé par la coordination des soins, le travail inter-disciplinaire en soins primaires et la gestion du recours aux autres spécialités, se plaçant si nécessaire en défenseur du patient.
c) Elle développe une approche centrée sur la personne dans ses dimensions individuelles, familiales, et communautaires.
d) Elle utilise un mode de consultation spécifique qui construit dans la durée une relation médecin-patient basée sur une communication appropriée.
e) Elle a la responsabilité d’assurer des soins continus et longitudinaux, selon les besoins du patient.
f) Elle base son processus décisionnel spécifique sur la prévalence et l’incidence des maladies dans la communauté.
g) Elle gère simultanément les problèmes de santé aigus et chroniques de chaque patient.
h) Elle aborde les affections à un stade précoce et indifférencié qui pourrait éventuellement requérir une intervention rapide.
i) Elle favorise la promotion de la santé et du bien-être par une intervention appropriée et effective.
j) Elle a une responsabilité spécifique dans la communauté.
k) Elle répond aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle.
2. La spécialité médecine générale - médecine de famille :
Les médecins généralistes-médecins de famille sont des médecins spécialistes formés aux principes de cette discipline. Ce sont des médecins de la personne chargés de dispenser des soins globaux et continus à tous ceux qui le souhaitent indépendamment de leur âge, de leur sexe et de leur maladie. Ils soignent les personnes dans leur contexte familial, communautaire, culturel et toujours dans le respect de leur autonomie. Ils acceptent qu’ils ont également une responsabilité professionnelle envers leur communauté. Dans la négociation des plans d’intervention avec leurs patients, ils intègrent les dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle, mettant à profit la connaissance et la confiance engendrées par des contacts répétés. L’activité professionnelle du médecin généraliste-médecin de famille comprend la promotion de la santé, la prévention des maladies et la fourniture de soins à visée curative et palliative. Il agit personnellement ou fait appel à d’autres professionnels selon les besoins de santé et les ressources disponibles dans la communauté, en facilitant l’accessibilité. Ils ont la responsabilité d’assurer le développement et le maintien de leurs aptitudes professionnelles, de leur équilibre personnel et de leurs valeurs pour des soins efficaces et sûrs au patient.
1. The General Practitioner In Europe : A statement by the working party appointed by the European Conference on the Teaching of General Practice, Leeuwenhorst, Netherlands 1974
2. Framework for Professional and Administrative Development of General Practice / Médecine de famille in Europe, WHO Europe, Copenhagen, 1998
3. Van Weel C. The Impact of Science on the Future of Medicine :RCGP Spring Meeting, 2001
4. Council Directive 93/16/EEC to facilitate the free movement of médecins and the mutual recognition of their diplomas, certificates and other evidence of formal qualifications ; Official Journal of the European Communauté, 165 : 7/7/93
5. Proceedings UEMO Consensus Conference on Specific Training for General Practice. UEMO. Published by The Danish Medical Association. Copenhagen 1995
6. Report and Recommendations on the Review of Specific Training in General Medical Practice : Advisory Committee on Medical Training (to the European Commission), XV/E/8433/95-EN October 1995
7. Olesen F, Dickinson J, Hjortdahl P. General Practice-time for a new definition BMJ 2000 ; 320,354-357
8. Gay Bernard, What are the basic principles to define general practice, Presentation to Inaugural Meeting of European Society of General Practice/Médecine de famille, Strasbourg, 1995
9. The Role of the General Practitioner / Family Physician in Health Care Systems : a statement from WONCA, 1991
10. The Future General Practitioner - Learning and Teaching : London ; RCGP, 1972
11. The Nature of General Medical Practice - Report from General Practice 27 : London ; RCGP 1996
12. McWhinney Ian R, Primary care core values : core values in a changing world, BMJ, 1998, 317 (7147), 1807-1809
13. Balint M. The Médecin, his Patient and the Illness : Pitman Medical ; London, 1964
14. Pereira-Gray D, Forty-seven minutes a year for the patient, British Journal of General Practice 1998 ; 48 (437) : 1816-1817
McWhinney Ian R The importance of being different. British Journal of General Practice, 1996, 46, 433-436
6. REVISION ET ANALYSE ACADEMIQUE : LES COMPETENCES FONDAMENTALES :
§1 Préambule
1.1 La description des compétences est le résultat d’un processus hiérarchique. Les tâches professionnelles du spécialiste en médecine générale découlent des principes de la discipline de la médecine générale, et de ces tâches sont extraites les compétences principales.
1.2 Définir les tâches et les compétences professionnelles principales implique qu’il y ait également des éléments non-essentiels. La plupart du temps, ceux-ci sont liés aux différences observées entre les systèmes de santé et la société dans laquelle le médecin généraliste pratique la médecine. L’Europe a plusieurs types de systèmes de santé ainsi que diverses situations professionnelles dans lesquelles des médecins travaillent. Il existe des différences fondamentales au niveau culturel (y compris au niveau religieux) et politique entre les sociétés et les populations au sein desquelles on retrouve des médecins généralistes. Ceci peut amener une variation dans la description du travail. La médecine générale est une discipline clinique qui, plus que tout autre, dépend des différences sociétales. Le médecin généraliste est le médiateur entre la société et la médecine.
1.3 Les compétences peuvent être définies comme étant les capacités du médecin généraliste à accomplir avec succès une série de tâches observables, indépendamment du travail1 habituel. Donc, la compétence peut être assimilée à la capacité d’un individu à réagir au niveau requis dans toutes situations. Dans la pyramide de Miller, le niveau ‘’savoir’’ (information de base), le niveau ‘’savoir comment’’ (capacité d’appliquer les connaissances) et ‘’démonstration’’ (capacité à démontrer) sont liés au concept de la compétence.
La réalisation peut être décrite comme étant ce que le médecin réalise au niveau clinique et au niveau de la communication avec les patients de manière journalière ; la réalisation est lié au niveau ‘’faire’’ de Miller. Ceci est considéré comme extrêmement dépendant des conditions et des besoins en soins de santé existants, des possibilités structurelles et financières, des possibilités et des aides à la pratique médicale.
L’application large au niveau européen nous oblige à limiter ce document aux compétences principales de la médecine générale/médecine de famille. Les compétences forment donc un modèle théorique ou un cadre. Les compétences de terrain peuvent différer de celles-ci.
§2 Des principes de base de la médecine générale / médecine de famille aux compétences principales
Les onze caractéristiques de la discipline correspondent à onze capacités que chaque spécialiste de la médecine de famille doit maîtriser. Elles peuvent être regroupées en six catégories de compétences principales indépendantes. Chaque catégorie est décrite par ses aspects principaux :
1. Les soins de première ligne comportent la capacité à :
la gestion des premiers contacts avec les patients, la prise en charge de problèmes non-sélectionnés ;
couvrir un large éventail de conditions de santé ;
coordonner les soins avec d’autres professionnels actifs au niveau des soins de première ligne ainsi que d’autres spécialistes ;
maîtriser l’approvisionnement efficace et approprié des soins et de l’utilisation des services de santé ;
mettre à disposition des patients les services appropriés du système de santé ;
se placer en défenseur du patient.
2. Les soins centrés sur la personne :
adopter une approche centrée sur la personne lors de la prise en charge de patients et de problèmes liés au contexte personnel du patient ;
utiliser la consultation de médecine générale pour obtenir une bonne relation médecin-patient, tout en respectant l’autonomie du patient ;
communiquer, définir des priorités et travailler en partenariat ;
fournir des soins continus dans la durée selon les besoins du patient, en se référant à une gestion coordonnée et continue des soins.
3. Processus décisionnel pour résoudre des problèmes :
associer les processus décisionnels spécifiques à l’incidence et la prévalence des maladies de la communauté ;
recueillir sélectivement et interpréter l’information recueillie par l’anamnèse,l’examen physique et les investigations et appliquer ceci au plan de gestion approprié en collaboration avec le patient ;
adopter les principes de travail appropriés, comme par exemple : une enquête qui a une approche incrémentielle, qui utilise le temps comme outil et qui tolère l’incertitude ;
intervenir dans l’urgence si nécessaire ;
gérer des conditions qui peuvent être précoces et non-différenciées ;
utiliser les diagnostiques et les interventions thérapeutiques de manière efficace ;
gérer des plaintes et des pathologies multiples simultanément, des problèmes de santé aigus et chroniques chez l’individu
promouvoir la santé et le bien-être en pratiquant des stratégies appropriées de promotion de la santé et de prévention des maladies
gérer et coordonner la promotion de la santé, la prévention, les traitements, y compris les soins palliatifs et de revalidation.
5. orientation communautaire :
réconcilier les besoins en soins médicaux des patients individuels avec les besoins en soins médicaux de la communauté dans laquelle ils vivent et cela en équilibre avec les ressources accessibles.
6. modèle holistique :
utiliser un modèle bio-psycho-social qui prend en considération les dimensions culturelles et existentielles.
§3 Trois domaines d’application
Pour exercer la spécialisation, le médecin compétent applique les compétences suivantes dans trois domaines1-3 :
a. La démarche clinique
la capacité de gérer un large éventail de plaintes, de problèmes et de maladies selon leur apparition ;
maîtriser la gestion à long-terme et le suivi ;
de peser les connaissances sientifiques et l’expérience de façon efficace.
b. La communication avec le patient
la capacité de structurer la consultation ;
fournir des informations qui seront aisément comprises et expliquer les procédures et les résultats
comprendre et gérer différentes émotions de façon adéquate
c. L’exercice professionnel
assurer l’accessibilité et la disponibilité aux patients de façon appropriée ;
organiser, équiper et gérer les finances du cabinet avec efficacité et collaborer avec l’équipe du cabinet ;
coopérer avec d’autres professionnels en soins primaires ainsi qu’avec des spécialistes .
§4 Particularités de la discipline
Trois particularités sont essentielles à une discipline scientifique centrée vers la personne : le contexte, le comportement et la science.4-8
Utiliser les aspects contextuels du patient, son histoire, sa situation, son niveau social pour établir un diagnostique, pour prendre des décisions et pour la gestion.
Montrer un intérêt personnel envers le patient et son environnement et être conscient des conséquences possibles de la maladie du patient sur les membres de sa famille et sur l’environnement plus étendu.
ASPECTS COMPORTEMENTAUX
Etre conscient de ses propres capacités et valeurs
Identifier les aspects éthiques de la pratique clinique (prévention, diagnostique, thérapie, facteurs qui influencent le style de vie)
Justifier et clarifier l’éthique personnelle.
Etre conscient de l’interaction mutuelle entre le travail et la vie privée et s’efforcer de garder un bon équilibre entre les deux.
ASPECTS SCIENTIFIQUES
Avoir connaissance des principes généraux, des méthodes, des concepts de la recherche scientifique, des principes fondamentaux de la statistique (incidence, prévalence, valeurs prédictives, etc ...)
Avoir une connaissance approfondie des bases scientifiques de la pathologie, des symptômes et des diagnostiques, de la thérapie et des pronostiques, de l’épidémiologie, de la théorie de la discussion, de la théorie de la formation d’hypothèses et de la résolution de problèmes, des soins préventifs ...
Avoir accès à la littérature médicale, avoir la capacité de la lire et de l’évaluer d’une façon critique
Développer et maintenir l’apprentisage continu et l’amélioration de la qualité
§5 Le cadre de l’interrelation entre les compétences : une combinaison visuelle..
L’interrelation entre les compétences principales, les domaines de mise en œuvre, et les particularités fondamentales détermine la discipline et souligne la complexité de la spécialisation.
Plusieurs modèles ont été utilisés pour visualiser les interrelations entre les compétences principales : le triangle de Miller, le cube de Fabb et le cadre de structure, de processus et de résultats de Donabedian. Les recherches de Ram et al. se penchent sur ces concepts2,3(voir figure 1).
Figure 1 : Le cadre de l’interrelation entre les compétences .
démontrer
savoir comment
Accomplissement
faire
Compétence
savoir
Chapitres ICPC
Catégories de patient
Tâches cliniques Communication gestion de la
Avec les patients pratique
aspects contextuels
aspects comportementaux
aspects scientifiques
Le vaste domaine que représente la médecine générale est subdivisé en trois catégories principales qui figurent sur un seul axe : les tâches cliniques, la communication avec le patient et la gestion du cabinet médical (voir §3).
La classification de l’International Classification of Primary Care (ICPC)9 peut-être utilisée pour lister les maladies et les plaintes des patients. Les aspects et les catégories de patients sont représentés sur le deuxième axe.
Le troisième axe du modèle reflète les développements actuels, au niveau théorique et de l’expertise médicale, de la compétence (‘’savoir’’, ‘’savoir comment’’ et ‘’démontrer’’) à la réalisation (« faire ») . La pointe de la pyramide, le niveau de réalisation, représente les réalisations au niveau clinique et de la communication, ainsi que la gestion journalière du cabinet médical.
Le cadre de Donabedian est également représenté dans cette pyramide. La structure (organisation et gestion du cabinet) et les processus (communication avec les patients et réalisation clinique) sont inclus dans l’axe horizontal. Les résultats au niveau des patients (les paramètres associés aux maladies et à la qualité de la vie) peuvent être interprétés comme étant les résultats de l’interaction dynamique des trois axes.
La médecine générale est une discipline scientifique centrée sur la personne, il y a donc trois compétences particulières qui forment la base de la pyramide : les aspects contextuels, comportementaux et scientifiques (voir §4). Le professionnel, qui se concentre sur l’individu, utilise le contexte du patient dans le processus décisionnel. Malgré le fait que la communication avec le patient inclut une composante comportementale, inclure le comportement en tant que compétence à part entière permet de l’incorporer comme faisant partie intégrante de la discipline. La formation en médecine générale requiert un effort académique qui comprend une approche implicite basée sur des évidences, ainsi qu’un esprit scientifique qui doit couvrir toutes les tâches professionnelles..
La figure illustre ces interférences complexes qui existent entre les compétences fondamentales. C’est cette complexité qui doit guider le développement de plans de formation, de recherche et de l’amélioration de la qualité.
Ram P, van der Vleuten CPM, Rethans JJ, Grol R, Aretz K. Assessment of practicing family physicians in a multiple-station examination using standardised patients with observation of consultation in daily practice. Acad Med 1999 ;74:62-9. Ram P. Comprehensive assessment of general practitioners. A study on validity, reliability and feasibility. Thesis 1998, Maastricht University. Van den Hombergh P, Grol R, van den Hoogen HJM, van den Bosch WJHM. Assessment of management in general practices : validation of a practice visit method. Br J Gen Pract 1998 ;48:1743-50. Heath I, Evans P, van Weel C. The specialist of the discipline of general practice. Br Med J 2000 ;320:326-7. Van Weel C. Examination of context of medicine. Lancet 2001 ;357:733-4. Stephenson A, Higgs R, Sugarman J. Teaching professional development in medical schools. Lancet 2001 ;357:867-70. Metz JCM, Stoelinga GBA et al. Blueprint 1994 : training of médecins in the Netherlands. Objectives of undergraduate medical education. Nijmegen University, 1994. Sackett DL, Richardson WS, Rosenberg W, Gray JA, Haynes RB. Evidence based medicine : how to practice and teach EBM. Edinburgh : Churchill Livingstone, 1997. Lamberts H, Wood M, eds. International Classification of Primary Care (ICPC). Oxford : Oxford University Press, 1987.
La définition de Leeuwenhorst 1974
« Le médecin généraliste est licencié en médecine et fournit des soins personnels, de première ligne et de manière continue aux personnes, aux familles et à la population, indépendamment de l’âge, du sexe et de la maladie. C’est la synthèse de ces fonctions qui est unique. Il prend en charge ses patients au sein de son cabinet médical, chez eux, ou parfois même en clinique ou à l’hôpital. Il tente d’établir rapidement un diagnostique. Il inclut et intègre des facteurs physiques, psychologiques et sociaux dans la gestion de la santé et des maladies. Cela se ressentira dans les soins fournis aux patients. Il prendra une décision initiale pour chaque problème qui se présentera à lui en tant que médecin. Il assumera la gestion continue de ses patients atteints de maladies chroniques, récurrentes ou incurables. Des contacts prolongés lui permettent de rassembler l’information selon un rythme adapté au patient, et de construire une relation basée sur la confiance, qui peut être utilisée à des fins professionnelles. Il pratiquera la médecine en collaboration avec d’autres collègues médicaux et non-médicaux. Il saura quand et comment traiter, prévenir et éduquer pour promouvoir la santé de ses patients et de leurs familles. Il reconnaîtra sa responsabilité professionnelle envers la communauté. »
La définition WONCA 1991
« Le médecin généraliste/médecin de famille est responsable de l’approvisionnement en soins complets de toute personne qui en fait la demande, et d’organiser l’accès aux services d’autres professionnels si nécessaire. Le médecin généraliste/médecin de famille fonctionne comme un généraliste qui accepte tous ceux qui cherchent à obtenir des soins, alors que d’autres services de santé limitent l’accès à leurs services sur base de l’âge, du sexe ou du diagnostique. Le médecin généraliste/médecin de famille prend la personne en charge dans un contexte familial, la famille dans un contexte communautaire, indépendamment de la race, de la religion, de la culture, ou de la classe sociale. Il est cliniquement compétent pour l’approvisionnement en soins, après avoir pris en compte les données culturelles, socio-économiques et psychologiques. En plus de cela, il assume la responsabilité de l’approvisionnement de ses patients en soins globaux et de manière continue..
Le médecin généraliste/médecin de famille exerce sa profession en fournissant des soins lui-même, ou au travers des services de tierces personnes, selon les besoins du patients et des ressources accessibles au sein de la communauté qu’il sert. »
La définition Olesen 2000
« Le médecin généraliste est un spécialiste formé au travail de première ligne d’un système de santé et formé à prendre les premières initiatives pour fournir des soins aux patients indépendamment du type de problème(s) de santé présenté(s). Le médecin généraliste prend des personnes en charge au sein d’une société, indépendamment du type de maladie, de caractéristiques personnelles ou sociales. Il organise les ressources accessibles du système de santé pour offrir les meilleurs bénéfices aux patients. Le médecin généraliste assure pour des patients autonomes la prévention, les diagnostiques, les traitements, les soins palliatifs, en utilisant et en intégrant les sciences biomédicales, la psychologie et la sociologie médicale. »
Préparation et Processus de Consultation
Ce document a été préparé initialement par un groupe de travail du Council of the European Academy of Teachers in General Practice (EURACT). Ensuite, il a été modifié lors des réunions de WONCA Europe qui se sont tenues à Barcelone (Espagne) en octobre 2001 et à Noordvijk (Pays-Bas) en mars 2002. Il s’agit d’un premier pas vers un processus qui vise à obtenir un consensus européen. Les compétences principales peuvent être déduites au départ de ces définitions, ainsi que le développement de plans de formation, de recherche et de l’amélioration de la qualité afin de satisfaire les besoins de la médecine de famille au 21e siècle.
C’est la publication par Olesen et al de leur révision de la définition du rôle du médecin de famille qui a initié le travail au sein du Council d’EURACT. Ils argumentent le besoins d’une nouvelle définition basée sur “le contenu idéal de la spécialisation”. Ils suggèrent que ce contenu devrait être universel et non pas national, qu’il devrait fournir un cadre d’enseignement et de formation, et ils ont donc développé une nouvelle définition. Malgré leurs intentions constructives, il semble que la définition ne réponds pas à toutes leurs attentes.
Les questions qui ont été posées au groupe de travail du Council d’EURACT sont les suivantes :
Qu’est-ce qu’un médecin généraliste ? Que font-ils actuellement, que devraient-ils faire ?
Avons-nous besoin de définir la discipline en définissant les tâches du médecin de famille, les principes sous-jacents ou les deux ?
De nombreuses personnes travaillent dans la discipline de façon limitée (par leur système de santé) ; doivent-ils être considérés comme des médecins généralistes ? Existe-t-il une différence entre un médecin généraliste et un spécialiste en médecine de famille ? .
Le processus privilégié fut le débat d’idées pendant une période définie, ainsi que l’exploration des principales publications internationales de ce domaine, plutôt que de rassembler et d’explorer de façon intensive la littérature de tous ces sujets. Un processus de classification a été instauré afin d’identifier des similitudes entre les différentes approches décrites précédemment. Ensuite, des versions successives du document ont été produites et elles ont été plus largement discutées. Une consultation limitée de la version martyre a été organisée lors du workshop international de Tampere qui s’est déroulé en mai 2001 et qui a rassemblé plus de 90 médecins généralistes européens.
WONCA Europe, en collaboration avec EURACT, SEMFYC, l’OMS Barcelone, EGPRW, EQuIP et EUROPREV a organisé une conférence de consensus à laquelle les organisations clefs ont été invitées. Ceci s’est déroulé en octobre 2001, et un accord a été obtenu pour une plus large consultation de la déclaration martyre. La WONCA Europe s’est chargé de ce travail, les documents ont été envoyé pour commentaires à tous les collèges européens, aux associations nationales, ainsi qu’aux organisations impliquées en médecine de famille en Europe. Les réactions ont été rassemblées et présentées lors de la conférence de ces organisations à Noordwijk, en mars 2002, et suite à cela le document a été finalisé.
Remerciements
WONCA EUROPE remercie toutes les organisations et les personnes qui ont contribué à la rédaction de ce document par des commentaires écrits ou qui ont participé au processus de consultation :
La Société autrichienne de la médecine générale/médecine de famille
Le Collège des médecins de famille du Canada
Le Collège National de Généralistes Enseignants,France
Le Collège danois des médecins généralistes
Le Collège néerlandais des médecins généralistes
L’Académie européenne des enseignants de médecine générale
European General Practice Research Workshop
Réseau européen pour la Prévention et la Promotion de la santé en Médecine de famille et médecine générale
European Union of General Practitioners
European Working Party on Quality Assurance
Le Collège islandais des Médecins de famille
Le Collège maltais de la Médecine de famille
Le Collège norvégien des médecins généralistes
Royal College of General Practitioners, United Kingdom
La Société Slovaque de médecine générale /Médecine de famille
La Société espagnole de la Médecine de famille et Communautaire
L’Association suédoise de médecine générale
La Société suisse de médecine générale
OMS, bureau de Barcelone
Organisation mondiale de la Médecine de famille
Dr M Boland
Dr G Buckley
Dr J Horder
Prof. C Lionis
ANDORRE - AUTRICHE - BELGIQUE - CROATIE - REPUBLIQUE CZECH - CHYPRE - DANEMARK - ESTONIE - FRANCE - FINLANDE - ALLEMAGNE GRECE - ISLANDE - IRLANDE - ISRAEL - ITALIE - LITHUANIE - MALTE
PAYS-BAS- NORVEGE - POLOGNE - PORTUGAL - ROUMANIE - SLOVAQUIE SLOVENIE - ESPAGNE - SUEDE - SUISSE - UKRAINE - ROYAUME-UNI
Definitions Language française
Il y a beaucoup de confusions en ce qui concerne les termes utilisés en médecine générale/médecine de famille 8,9 et leurs interprétations. Afin d’éviter tous malentendus au sein de ce document de discussions, les termes suivants ont été définis comme suit :
Médecin généraliste
Médecin de famille Synonymes, utilisé pour décrire les médecins qui ont suivi une période de formation postgraduat en médecine générale au moins jusqu’au niveau défini dans la section 4 de la Directive des Médecins.
Médecin de première ligne
Un médecin d’une discipline qui travaille dans un cadre des soins de première ligne
Médecin de seconde ligne Un médecin qui a suivi une période de formation postgraduat dans une discipline basée sur un organe/une maladie, et qui travaille surtout dans cette discipline dans un cadre hospitalier.
Spécialiste Un médecin d’une discipline qui a suivi une période de formation postgraduat.
Soins de santé primaires Le cadre d’un système de santé, habituellement la communauté du patient, dans lequel le premier contact est pris avec un professionnel de la santé (en excluant des traumatismes majeurs).