Créteil Paris 12
Dans son dernier rapport sur l’évaluation des départements de médecine générale en France, le conseil national de l’évaluation (CNE) a entre autre pointé les faiblesses des modalités de validation qui permettent de s’assurer que les étudiants ont acquis les compétences nécessaires à l’exercice de la médecine générale, (cette faiblesse n’est d’ailleurs pas l’apanage de cette discipline) Il nous a engagé à poursuivre la réflexion sur la mise en place d’une certification finale.
Cette certification devient par ailleurs une exigence sociale de plus en plus affirmée (associations de consommateurs, profession, ministères de tutelle, DGS, etc..). En pratique il s’agit pour nous d’être capable rendre des comptes sur les modalités d’enseignement et d’évaluation des compétences des jeunes médecins à qui nous délivrons le diplôme d’exercice de la médecine générale.
Le département a opté pour une cohérence forte entre les diverses théories de la compétence, de l’évaluation et les options pédagogiques du programme. Le choix final s’est porté vers une conception systémique de la compétence, une logique pédagogique d’apprentissage et l’évaluation authentique.
S’il est aujourd’hui « pédagogiquement correct » d’évoquer la pédagogie par l’apprentissage, sa réelle mise en œuvre reste souvent encore dans nos facultés relativement limitée. Profitant de l’arrivée en 2004 du futur diplôme d’études spéciales de médecine générale (DES), notre département s’est résolument engagé dans cette logique. Dans cette approche, plutôt que de mettre en avant « le rôle des professeurs qui enseignent à l’étudiant », nous favorisons « le rôle de l’étudiant qui apprend de façon individuelle, en interaction avec les professeurs ».
Pour ce faire il a été nécessaire de remanier progressivement et complètement les modalités d’enseignement et d’évaluation, de repenser les tâches et fonction de nos formateurs et d’assurer leurs formations. En pratique, cela nous a conduit à faire de nombreuses innovations pédagogiques qui se sont traduites par la mise en place progressive :
De la certification des compétences tout au long du cursus.
Partant du principe que toute connaissance dont on vérifie l’apprentissage a vocation à être réutilisée, cette évaluation se réalise à partir de traces objectives d’apprentissage concernant les tâches, fonctions et rôles du médecin généraliste et ce à partir d’un référentiel professionnel validé.
D’un tutorat pour chaque étudiant
Formule d’encadrement de l’ensemble de l’activité d’un étudiant et d’évaluation de sa métamorphose cognitive. Dans ce paradigme, l’enseignant doit agir fréquemment et directement sur la hiérarchisation et l’organisation des connaissances. Le rapport enseignant/enseigné est donc fondamental.
Nous avons formé lors de plusieurs séminaires environ 40 tuteurs enseignants avec délégation de formation, d’évaluation formative et certifiante des résidents. Chaque tuteur a ainsi la responsabilité d’accompagner et de superviser les travaux de six résidents durant tout le cursus de formation.
D ’une refonte des modules théoriques à partir du programme du nouveau DES national et des choix définis plus haut. Nous proposons ainsi 185 heures de formation, le plus souvent sous forme de séminaires obligatoires avec productions de travaux qui participent à la certification finale. Cette modification a fait cette année l’objet d’une évaluation sous forme d’un audit interne et d’une habilitation de notre programme.
De la création d’une cellule d’aide à la thèse
Qui fonctionne maintenant depuis deux ans, avec 4 généralistes enseignants, 3 praticiens hospitaliers universitaires, 2 praticiens hospitaliers non universitaires. La cellule a examiné environ 140 fiches de projet de thèse, a proposé des modifications pour la moitié d’entre elles. Dans 5% des cas, il est nécessaire de retravailler en profondeur les projets.
Avant la soutenance, tous les travaux sont relus pour vérification de la conformité avant d’être acceptés à la soutenance. Cet énorme travail, maintenant bien accepté des résidents et de leurs directeurs a entraîné une augmentation sensible du nombre des médailles traduisant ainsi vraisemblablement l’amélioration globale de la qualité des travaux.
Pourtant des difficultés persistent : le cursus spécifique s’est allongé à trois ans, la maquette obligatoire comporte six semestres de stage, dont quatre à l’hôpital et deux seulement en ambulatoire.
Pour pérenniser ce processus et réussir la mise en place DES de médecine générale, il nous faut motiver tous les enseignés et tous les enseignants c’est-à-dire :
Dans son dernier rapport sur l’évaluation des départements de médecine générale en France, le conseil national de l’évaluation (CNE) a entre autre pointé les faiblesses des modalités de validation qui permettent de s’assurer que les étudiants ont acquis les compétences nécessaires à l’exercice de la médecine générale, (cette faiblesse n’est d’ailleurs pas l’apanage de cette discipline) Il nous a engagé à poursuivre la réflexion sur la mise en place d’une certification finale.
Cette certification devient par ailleurs une exigence sociale de plus en plus affirmée (associations de consommateurs, profession, ministères de tutelle, DGS, etc..). En pratique il s’agit pour nous d’être capable rendre des comptes sur les modalités d’enseignement et d’évaluation des compétences des jeunes médecins à qui nous délivrons le diplôme d’exercice de la médecine générale.
Le département a opté pour une cohérence forte entre les diverses théories de la compétence, de l’évaluation et les options pédagogiques du programme. Le choix final s’est porté vers une conception systémique de la compétence, une logique pédagogique d’apprentissage et l’évaluation authentique.
C Attali, D Pouchain, JP Wainsten, V Renard